mercredi 16 avril 2008

Prise de note sur un livre consacré aux Faux-monnayeurs de Gide (et puis mince je soulignerai pas, na ! vive la révolution et de toute façon je trouve pas le bouton !)

André Gide, Les faux-monnayeurs, mode d’emploi - Alain Goulet

- Roman de relations ≠ personnage principal
- Doit être appréhendé de l’extérieur
- « Le roman tel que je me l’imagine, comporte une diversité de points de vue, soumis à la diversité des personnages qu’il met en scène ; c’est par essence une œuvre déconcentré » (Projet de préface à Isabelle – 1910)
- Pose un pb de chaos : éparpillement
- Au contraire, le roman d’aventure doit renoncer aux commentaires et aux analyses d’auteur, pour suivre au présent les événements et les personnages, ouvert vers un avenir incertain.
- « L’aventure, c’est ce qui advient, c’est-à-dire ce qui s’ajoute, ce qui arrive par-dessus le marché, ce qu’on attendait pas, ce dont on aurait pu se passer. Un roman d’aventure, c’est le récit d’événements qui ne sont pas contenus les uns dans les autres. A aucun moment on y voit le présent sortir tout à fait du passé ; à aucun moment le progrès de l’œuvre n’est une déduction. Chaque chapitre s’ouvre en excès sur le précédent (…) ils viennent les prolonger, les porter plus loin, ils leur font suite ; mais ils ne peuvent en aucune façon s’y réduire ni en résulter (…) Aussi le sens de l’œuvre n’est-il pas tout de suite bien déterminé s’il change à mesure qu’elle croît ; il n’y a pas de flèche pour indiquer où elle va (…) ce qui arrive modifie sans cesse l’intention et la portée de ce qui est arrivé. » (J. Rivière – Nouvelle Revue Française)
- Auteur accompagne personnage sans le dominer → dirigé ≈ par le hasard
- Les événements comptent moins que leur appréhension par les personnages et leur retentissement en eux.
- « Art de la fugue » → relativité généralisée
- Situation problématique par rapport à la guerre → pas de datation possible (entre fin XIXème et 1914 par rapport aux éléments que nous donne Gide dans le livre)
- « Actuel, à vrai dire je ne recherche par à l’être, et, me laissant aller à moi-même, c’est plutôt futur que je serais » (Gide, JFM)
- Equivalence symbolique entre l’ordre de la fausse monnaie et les autres domaines mis en jeu dans le roman :
o Réseau métaphorique emprunté au domaine financier > transforme les conduites et les échanges entre personnages en valeurs.
o Fausse monnaie apparaît entre deux méfaits d’enfant (maison close et suicide de Boris) → fausse monnaie des pratiques sexuelles frelatées
→ fausse monnaie dans la comédie de l’amitié
- Apparitions de Strouvillou :
o Pension Asaïs Vs pasteur → religion
o Chez Passavent → littérature
o Dans le traitement de Boris → psychanalyse
- La mise en débat du titre des FM fait apparaître la fausse pièce – or : le « titre » d’une monnaie d’or définit sa valeur => si le titre n’est pas bon, pièce est fausse (jeu d’équilibriste entre le domaine de la littérature et celui de la monnaie)
=> qu’est-ce qui fonde la valeur d’un roman ?
- Les faux-monnayeurs = tradition de l’étude psychologique et morale
- La fausse monnaie = aliénation de sa personnalité à une idéologie dominante
- Bernard a le culte de l’authenticité → veut « rendre un son juste » <=> Vieux La Pérouse « un accord parfait continu ; oui, c’est cela, un accord parfait continu »
- Conception d’une valeur absolue = mise en brèche
→ pb d’un monde binaire divisé entre le vrai et le faux : les personnages doivent apprendre la notion de variation des valeurs.
=> nostalgie d’un dieu gardien des valeurs, de la Vérité et de la pureté
<=> les conceptions que nous transmet la littérature ne sont pas applicables → littérature mensongère + la pureté est un Sa sans Sé > page blanche et néant > art se détruit lui-même (Dada)
=> époque du monde nietzschéen de la mort de Dieu → plus de notions de vrai et de faux => relativité générale.
Un objet ne possède une valeur que selon le crédit qu’on lui accorde.
- Theatrum mundi
- Echapper à tous les regards et mêmes aux siens
- Aucun personnage n’échappe à la mauvaise foi dans les FM => DEPOSSESSION DE SOI
- Boris et son ami sont encore dans un monde du vrai et du faux > ils meurent
- Armand, Bernard et Edouard veulent le vrai et le faux mais ne connaissent pas le monde > doivent trouver leur voie (« Il est bon de suivre sa pente, pourvu que ce soit en montant » - Edouard)
- Roman de l’éducation de Bernard
- Technique d’ouverture et de tressage par ricochets => rebonds à l’infini

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