v.293-317, Enéïde II :
Troie te confie ses objets sacrés et ses Pénates.
Prends-les comme compagnons de ton destin, cherche pour eux des grandes murailles que tu fonderas enfin lorsque tu auras fini d’errer sur la mer.
Ainsi parla-t-il et dans ses mains, il emporte du fond du sanctuaire les bandelettes, la puissante Vesta et le feu éternel.
Pendant ce temps, les murailles sont troublées par un lamentation variée, et de plus en plus, bien que la maison de mon père Anchise soit retirée par les arbres à l’écart.
Les bruits se précisent et l’horreur des armes s’accroît.
Je sors du sommeil et j’arrive par une ascension en haut du toit et je m’y tiens, oreilles dressées :
De même que la flamme tombe sur le champ quand les vents font rage ou lorsque le torrent rapide venant de la montagne anéantit les champs, terrasses les heureuses moissons et les travaux des bœufs, entraîne les arbres abattus, le berger qui perçoit sans savoir le bruit du haut d’un rocher est stupéfait.
Mais alors ce que j’imagine est manifeste et le piège des Danéens se dévoile.
Déjà, l’immense maison de Déiphobe s’est écroulée, vaincue par Vulcain.
Déjà, tout près, Ucalégon brûle.
La mer de Sigée brille de ce feu, au large.
Le cri des hommes et le son des trompettes s’élèvent.
Dans ma folie, je prends les armes.
Il n’y a pas assez de raison d’être en arme, mais l’intention de rallier une troupe pour combattre et de courir dans la citadelle avec des alliés (ou :des compagnons) me brûlent.
La fureur et la colère prennent en premier mon esprit et il me vient à l’esprit qu’il est beau de mourir les armes à la main.
mercredi 11 juin 2008
mercredi 16 avril 2008
Prise de note sur un livre consacré aux Faux-monnayeurs de Gide (et puis mince je soulignerai pas, na ! vive la révolution et de toute façon je trouve pas le bouton !)
André Gide, Les faux-monnayeurs, mode d’emploi - Alain Goulet
- Roman de relations ≠ personnage principal
- Doit être appréhendé de l’extérieur
- « Le roman tel que je me l’imagine, comporte une diversité de points de vue, soumis à la diversité des personnages qu’il met en scène ; c’est par essence une œuvre déconcentré » (Projet de préface à Isabelle – 1910)
- Pose un pb de chaos : éparpillement
- Au contraire, le roman d’aventure doit renoncer aux commentaires et aux analyses d’auteur, pour suivre au présent les événements et les personnages, ouvert vers un avenir incertain.
- « L’aventure, c’est ce qui advient, c’est-à-dire ce qui s’ajoute, ce qui arrive par-dessus le marché, ce qu’on attendait pas, ce dont on aurait pu se passer. Un roman d’aventure, c’est le récit d’événements qui ne sont pas contenus les uns dans les autres. A aucun moment on y voit le présent sortir tout à fait du passé ; à aucun moment le progrès de l’œuvre n’est une déduction. Chaque chapitre s’ouvre en excès sur le précédent (…) ils viennent les prolonger, les porter plus loin, ils leur font suite ; mais ils ne peuvent en aucune façon s’y réduire ni en résulter (…) Aussi le sens de l’œuvre n’est-il pas tout de suite bien déterminé s’il change à mesure qu’elle croît ; il n’y a pas de flèche pour indiquer où elle va (…) ce qui arrive modifie sans cesse l’intention et la portée de ce qui est arrivé. » (J. Rivière – Nouvelle Revue Française)
- Auteur accompagne personnage sans le dominer → dirigé ≈ par le hasard
- Les événements comptent moins que leur appréhension par les personnages et leur retentissement en eux.
- « Art de la fugue » → relativité généralisée
- Situation problématique par rapport à la guerre → pas de datation possible (entre fin XIXème et 1914 par rapport aux éléments que nous donne Gide dans le livre)
- « Actuel, à vrai dire je ne recherche par à l’être, et, me laissant aller à moi-même, c’est plutôt futur que je serais » (Gide, JFM)
- Equivalence symbolique entre l’ordre de la fausse monnaie et les autres domaines mis en jeu dans le roman :
o Réseau métaphorique emprunté au domaine financier > transforme les conduites et les échanges entre personnages en valeurs.
o Fausse monnaie apparaît entre deux méfaits d’enfant (maison close et suicide de Boris) → fausse monnaie des pratiques sexuelles frelatées
→ fausse monnaie dans la comédie de l’amitié
- Apparitions de Strouvillou :
o Pension Asaïs Vs pasteur → religion
o Chez Passavent → littérature
o Dans le traitement de Boris → psychanalyse
- La mise en débat du titre des FM fait apparaître la fausse pièce – or : le « titre » d’une monnaie d’or définit sa valeur => si le titre n’est pas bon, pièce est fausse (jeu d’équilibriste entre le domaine de la littérature et celui de la monnaie)
=> qu’est-ce qui fonde la valeur d’un roman ?
- Les faux-monnayeurs = tradition de l’étude psychologique et morale
- La fausse monnaie = aliénation de sa personnalité à une idéologie dominante
- Bernard a le culte de l’authenticité → veut « rendre un son juste » <=> Vieux La Pérouse « un accord parfait continu ; oui, c’est cela, un accord parfait continu »
- Conception d’une valeur absolue = mise en brèche
→ pb d’un monde binaire divisé entre le vrai et le faux : les personnages doivent apprendre la notion de variation des valeurs.
=> nostalgie d’un dieu gardien des valeurs, de la Vérité et de la pureté
<=> les conceptions que nous transmet la littérature ne sont pas applicables → littérature mensongère + la pureté est un Sa sans Sé > page blanche et néant > art se détruit lui-même (Dada)
=> époque du monde nietzschéen de la mort de Dieu → plus de notions de vrai et de faux => relativité générale.
Un objet ne possède une valeur que selon le crédit qu’on lui accorde.
- Theatrum mundi
- Echapper à tous les regards et mêmes aux siens
- Aucun personnage n’échappe à la mauvaise foi dans les FM => DEPOSSESSION DE SOI
- Boris et son ami sont encore dans un monde du vrai et du faux > ils meurent
- Armand, Bernard et Edouard veulent le vrai et le faux mais ne connaissent pas le monde > doivent trouver leur voie (« Il est bon de suivre sa pente, pourvu que ce soit en montant » - Edouard)
- Roman de l’éducation de Bernard
- Technique d’ouverture et de tressage par ricochets => rebonds à l’infini
André Gide, Les faux-monnayeurs, mode d’emploi - Alain Goulet
- Roman de relations ≠ personnage principal
- Doit être appréhendé de l’extérieur
- « Le roman tel que je me l’imagine, comporte une diversité de points de vue, soumis à la diversité des personnages qu’il met en scène ; c’est par essence une œuvre déconcentré » (Projet de préface à Isabelle – 1910)
- Pose un pb de chaos : éparpillement
- Au contraire, le roman d’aventure doit renoncer aux commentaires et aux analyses d’auteur, pour suivre au présent les événements et les personnages, ouvert vers un avenir incertain.
- « L’aventure, c’est ce qui advient, c’est-à-dire ce qui s’ajoute, ce qui arrive par-dessus le marché, ce qu’on attendait pas, ce dont on aurait pu se passer. Un roman d’aventure, c’est le récit d’événements qui ne sont pas contenus les uns dans les autres. A aucun moment on y voit le présent sortir tout à fait du passé ; à aucun moment le progrès de l’œuvre n’est une déduction. Chaque chapitre s’ouvre en excès sur le précédent (…) ils viennent les prolonger, les porter plus loin, ils leur font suite ; mais ils ne peuvent en aucune façon s’y réduire ni en résulter (…) Aussi le sens de l’œuvre n’est-il pas tout de suite bien déterminé s’il change à mesure qu’elle croît ; il n’y a pas de flèche pour indiquer où elle va (…) ce qui arrive modifie sans cesse l’intention et la portée de ce qui est arrivé. » (J. Rivière – Nouvelle Revue Française)
- Auteur accompagne personnage sans le dominer → dirigé ≈ par le hasard
- Les événements comptent moins que leur appréhension par les personnages et leur retentissement en eux.
- « Art de la fugue » → relativité généralisée
- Situation problématique par rapport à la guerre → pas de datation possible (entre fin XIXème et 1914 par rapport aux éléments que nous donne Gide dans le livre)
- « Actuel, à vrai dire je ne recherche par à l’être, et, me laissant aller à moi-même, c’est plutôt futur que je serais » (Gide, JFM)
- Equivalence symbolique entre l’ordre de la fausse monnaie et les autres domaines mis en jeu dans le roman :
o Réseau métaphorique emprunté au domaine financier > transforme les conduites et les échanges entre personnages en valeurs.
o Fausse monnaie apparaît entre deux méfaits d’enfant (maison close et suicide de Boris) → fausse monnaie des pratiques sexuelles frelatées
→ fausse monnaie dans la comédie de l’amitié
- Apparitions de Strouvillou :
o Pension Asaïs Vs pasteur → religion
o Chez Passavent → littérature
o Dans le traitement de Boris → psychanalyse
- La mise en débat du titre des FM fait apparaître la fausse pièce – or : le « titre » d’une monnaie d’or définit sa valeur => si le titre n’est pas bon, pièce est fausse (jeu d’équilibriste entre le domaine de la littérature et celui de la monnaie)
=> qu’est-ce qui fonde la valeur d’un roman ?
- Les faux-monnayeurs = tradition de l’étude psychologique et morale
- La fausse monnaie = aliénation de sa personnalité à une idéologie dominante
- Bernard a le culte de l’authenticité → veut « rendre un son juste » <=> Vieux La Pérouse « un accord parfait continu ; oui, c’est cela, un accord parfait continu »
- Conception d’une valeur absolue = mise en brèche
→ pb d’un monde binaire divisé entre le vrai et le faux : les personnages doivent apprendre la notion de variation des valeurs.
=> nostalgie d’un dieu gardien des valeurs, de la Vérité et de la pureté
<=> les conceptions que nous transmet la littérature ne sont pas applicables → littérature mensongère + la pureté est un Sa sans Sé > page blanche et néant > art se détruit lui-même (Dada)
=> époque du monde nietzschéen de la mort de Dieu → plus de notions de vrai et de faux => relativité générale.
Un objet ne possède une valeur que selon le crédit qu’on lui accorde.
- Theatrum mundi
- Echapper à tous les regards et mêmes aux siens
- Aucun personnage n’échappe à la mauvaise foi dans les FM => DEPOSSESSION DE SOI
- Boris et son ami sont encore dans un monde du vrai et du faux > ils meurent
- Armand, Bernard et Edouard veulent le vrai et le faux mais ne connaissent pas le monde > doivent trouver leur voie (« Il est bon de suivre sa pente, pourvu que ce soit en montant » - Edouard)
- Roman de l’éducation de Bernard
- Technique d’ouverture et de tressage par ricochets => rebonds à l’infini
Même principe que pour le Journal des FM, mais avec l'essai "des coches" de Montaigne, enjoy !
LES ESSAIS – MONTAIGNE
L. III, Chap. 6 « Des Coches »
1) Des causes
- Pb de la connaissance de la « maîtresse cause » → l’invention et la beauté peuvent remplacer la vérité
a- Exemple de la cause de la bénédiction après éternuement :
o Introduit par une question rhétorique : Me demandez-vous d’où vient cette coustume de benire ceux qui estrenuent ?
o Aristote en est la cause
b- Exemple de la cause du mal à cœur selon Plutarque
o Introduit par une réminiscence livresque : Il me semble avoir veu en Plutarque
o La peur en est la cause
→ Mise en débat de cette cause par Montaigne à partir de son expérience
§ Pour lui ce n’est pas la peur qui provoque le mal au cœur en mer ou en voiture
§ Les animaux ont mal au cœur mais n’ont pas peur
§ Exemple d’un ami et de Sénèque auquel le mal au cœur avait fait oublier la peur du danger
§ Toutes les fuites que Montaigne reconnaît ont toujours été effectuées la tête claire
· Exemple de la résistance sans peur de Socrate au moment d’une retraite de l’armée : Il n’est rien qui nous jette tant aux dangers qu’une faim inconsidérée de nous en mettre hors.
· Montaigne n’a jamais ressenti une peur qui puisse le terrasser. Si ça arrivait il ne s’en relèverait pas facilement, tout comme pour la maladie.
· Dieu nous dispense ses biens selon nos besoins
o Montaigne ne supporte que vaguement la coche et préfère le cheval à tout. Supporte moins bien un mouvement calme et régulier qu’une rude et chaotique
o Les médecins lui conseillent de se mettre une serviette ai niveau du ventre pour y remédier mais Montaigne : accoustumé de luicter les deffauts qui sont en moy et les dompter par moymesme.
2) De l’usage des coches au service de la guerre
- Transition par prétérition : Si j’en avoy la memoire suffisamment informée, je ne pleindroy mon temps à dire icy l’infinie varieté que les histoires nous presentent de l’usage des coches au service de la guerre.
- Hongres contre les Turcs
3) De l’usage des coches comme outil de gloire
- Transition : Mais laissons ces coches guerriers + exemple des rois fainéants
- Exemples de Marc Antoine, Elagabal et Firmus qui les utilisent pour la parade et les attellent de tout et n’importe quoi (lions, tigres, cerfs, chiens, femmes nues, autruches)
4) A propos de la magnificence des rois
- Transition : L’estrangeté de ces inventions me met en teste cett’autre fantasie.
- Volonté ridicule des monarques de vouloir paraître par des dépenses excessives dans leur propre pays (comme de s’habiller curieusement chez soi)
a- De la mauvaise utilisation de l’argent public :
o Utilisé en divertissements plutôt qu’en constructions utiles et augmentation de la puissance militaire (Isocrate, Démosthène, Théophraste, Aristote, pape Grégoire XIII, Catherine de Médicis)
o On amuse et on fait admirer au peuple la dépense de leur propre argent plutôt que de le nourrir
b- De la libéralité :
o Un Roy n’a rien proprement sien ; il se doibt soy-mesmes à autruy
o La libéralité ne doit pas être la prodigalité > doit s’appuyer sur la loyauté et être avisé dans ses dépenses, donner à chacun selon son mérite : Si la libéralité d’un prince est sans discretion et sans mesure, je l’aime mieux avare.
c- La vertu royale est la justice :
o La prodigalité sans borne et injustifiée n’entraîne pas la reconnaissance de ceux à qui elle est destinée → la demande croît ne même temps que le don
o Plus un Prince s’espuise en donnant, plis il s’apouvrit d’amys.
o Exemple de Cyrus et Croesus
d- Les jeux de cirques romains :
o Les dirigeants dépensent pour les jeux donnés aux romains
o Descriptions de toute la magnificence du cirque : S’il y a quelque chose qui soit excusable et tels excez, c’est ou l’invention et la nouveauté fournit d’admiration, non pas la despence.
5) De la connaissance
- Les esprits des romains étaient plus fertiles que les notres
- Je crains que nostre cognoissance soit foible en tous sens
- Tout a déjà été inventé et dit avant nous, même la croyance en la vieillesse ou la jeunesse du monde
6) Le nouveau monde
- Transition sur thème de la nouveauté : nostre monde vient d’en trouver un autre
- Monde de l’Amérique encore en enfance au moment de sa découverte → son contact avec l’occident a hâté son déclin
- Ne nous devaient rien en esprit ni en magnificence et nous surpassaient en dévotion, observance des loix, bonté, liberalité, loyauté, franchise → c’est ce qui les a perdus + courage, fermeté d’esprit et hardiesse
- Mais ignoraient bcp de chose sur l’équipement guerrier (chevaux, acier, arquebuse) → inégalité des chances, nouvelles techniques auraient effrayé César lui-même => ≠ loyauté dans leur conquête
- Devant leur courage contre la mort et la captivité, Montaigne est sûr qu’ils auraient vaincu les occidentaux à armes égales.
a- Le nouveau monde face aux Anciens :
o Douceur de ces cultures : meslant les vertus Grecques et Romaines aux originelles du pays ! → eussent dressé entre eux et nous une fraternele société et intelligence
- Les occidentaux se sont servis de leur inexpérience à leur détriment > massacre, pillage, ruine par cupidité et cruauté
- Présentation des espagnols aux indiens au nom du roi de Castille et du Pape, et réponse de ceux-ci selon la logique
b- Les exemples du roi du Pérou et de Mexico :
o Roi du Pérou : pendu et étranglé publiquement après paiement de la rançon + funérailles somptueuse
o Roi de Mexico : brûlé avec l’un de ses seigneurs après la prise de sa ville parce que les espagnols ne trouvèrent pas tout l’or qu’ils avaient espéré + pendu
c- Autre exactions des colons :
o Ont brûlé 460 hommes
o Se vantent de leurs méfaits
→ note de Montaigne sur le rapport de leurs actions à la foi : ils eussent considéré que ce n’est pas en possession de terres qu’elle s’amplifie, mais en possession d’hommes
d- Les punitions :
o Plusieurs chefs exécutés par le roi de Castille horrifié
o Les guerres intestines et les naufrages ont perdu les pillages gagnés d’une si horrible manière
e- L’innocence des indiens venaient entre du fait qu’ils ne connaissaient pas la monnaie et n’utilisaient leur or que par assemblage pour la parade
f- Une idée indienne de la fin du monde :
o Indiens pensaient que la fin du monde était proche > venue des colons apparut comme un signe
o La vie du monde se sépare en 5 âges marquée par 5 soleils consécutifs > ils vivaient actuellement sous le cinquième (après inondation, chute du ciel, incendie et tempête universels)
g- Comparaison magnificence antique et indienne :
o Transition, retour au premier sujet : Quand à la pompe et magnificence, par où je suis entré en ce propos
o Supériorité de la richesse architecturale indienne tandis qu’ils n’utilisaient aucune machine
7) Les coches et les indiens
- Transition : Retombons à nos coches
- Les rois indiens se faisaient porté sur les épaules de leurs hommes et non dans des coches
- L’exemple du roi du Pérou
LES ESSAIS – MONTAIGNE
L. III, Chap. 6 « Des Coches »
1) Des causes
- Pb de la connaissance de la « maîtresse cause » → l’invention et la beauté peuvent remplacer la vérité
a- Exemple de la cause de la bénédiction après éternuement :
o Introduit par une question rhétorique : Me demandez-vous d’où vient cette coustume de benire ceux qui estrenuent ?
o Aristote en est la cause
b- Exemple de la cause du mal à cœur selon Plutarque
o Introduit par une réminiscence livresque : Il me semble avoir veu en Plutarque
o La peur en est la cause
→ Mise en débat de cette cause par Montaigne à partir de son expérience
§ Pour lui ce n’est pas la peur qui provoque le mal au cœur en mer ou en voiture
§ Les animaux ont mal au cœur mais n’ont pas peur
§ Exemple d’un ami et de Sénèque auquel le mal au cœur avait fait oublier la peur du danger
§ Toutes les fuites que Montaigne reconnaît ont toujours été effectuées la tête claire
· Exemple de la résistance sans peur de Socrate au moment d’une retraite de l’armée : Il n’est rien qui nous jette tant aux dangers qu’une faim inconsidérée de nous en mettre hors.
· Montaigne n’a jamais ressenti une peur qui puisse le terrasser. Si ça arrivait il ne s’en relèverait pas facilement, tout comme pour la maladie.
· Dieu nous dispense ses biens selon nos besoins
o Montaigne ne supporte que vaguement la coche et préfère le cheval à tout. Supporte moins bien un mouvement calme et régulier qu’une rude et chaotique
o Les médecins lui conseillent de se mettre une serviette ai niveau du ventre pour y remédier mais Montaigne : accoustumé de luicter les deffauts qui sont en moy et les dompter par moymesme.
2) De l’usage des coches au service de la guerre
- Transition par prétérition : Si j’en avoy la memoire suffisamment informée, je ne pleindroy mon temps à dire icy l’infinie varieté que les histoires nous presentent de l’usage des coches au service de la guerre.
- Hongres contre les Turcs
3) De l’usage des coches comme outil de gloire
- Transition : Mais laissons ces coches guerriers + exemple des rois fainéants
- Exemples de Marc Antoine, Elagabal et Firmus qui les utilisent pour la parade et les attellent de tout et n’importe quoi (lions, tigres, cerfs, chiens, femmes nues, autruches)
4) A propos de la magnificence des rois
- Transition : L’estrangeté de ces inventions me met en teste cett’autre fantasie.
- Volonté ridicule des monarques de vouloir paraître par des dépenses excessives dans leur propre pays (comme de s’habiller curieusement chez soi)
a- De la mauvaise utilisation de l’argent public :
o Utilisé en divertissements plutôt qu’en constructions utiles et augmentation de la puissance militaire (Isocrate, Démosthène, Théophraste, Aristote, pape Grégoire XIII, Catherine de Médicis)
o On amuse et on fait admirer au peuple la dépense de leur propre argent plutôt que de le nourrir
b- De la libéralité :
o Un Roy n’a rien proprement sien ; il se doibt soy-mesmes à autruy
o La libéralité ne doit pas être la prodigalité > doit s’appuyer sur la loyauté et être avisé dans ses dépenses, donner à chacun selon son mérite : Si la libéralité d’un prince est sans discretion et sans mesure, je l’aime mieux avare.
c- La vertu royale est la justice :
o La prodigalité sans borne et injustifiée n’entraîne pas la reconnaissance de ceux à qui elle est destinée → la demande croît ne même temps que le don
o Plus un Prince s’espuise en donnant, plis il s’apouvrit d’amys.
o Exemple de Cyrus et Croesus
d- Les jeux de cirques romains :
o Les dirigeants dépensent pour les jeux donnés aux romains
o Descriptions de toute la magnificence du cirque : S’il y a quelque chose qui soit excusable et tels excez, c’est ou l’invention et la nouveauté fournit d’admiration, non pas la despence.
5) De la connaissance
- Les esprits des romains étaient plus fertiles que les notres
- Je crains que nostre cognoissance soit foible en tous sens
- Tout a déjà été inventé et dit avant nous, même la croyance en la vieillesse ou la jeunesse du monde
6) Le nouveau monde
- Transition sur thème de la nouveauté : nostre monde vient d’en trouver un autre
- Monde de l’Amérique encore en enfance au moment de sa découverte → son contact avec l’occident a hâté son déclin
- Ne nous devaient rien en esprit ni en magnificence et nous surpassaient en dévotion, observance des loix, bonté, liberalité, loyauté, franchise → c’est ce qui les a perdus + courage, fermeté d’esprit et hardiesse
- Mais ignoraient bcp de chose sur l’équipement guerrier (chevaux, acier, arquebuse) → inégalité des chances, nouvelles techniques auraient effrayé César lui-même => ≠ loyauté dans leur conquête
- Devant leur courage contre la mort et la captivité, Montaigne est sûr qu’ils auraient vaincu les occidentaux à armes égales.
a- Le nouveau monde face aux Anciens :
o Douceur de ces cultures : meslant les vertus Grecques et Romaines aux originelles du pays ! → eussent dressé entre eux et nous une fraternele société et intelligence
- Les occidentaux se sont servis de leur inexpérience à leur détriment > massacre, pillage, ruine par cupidité et cruauté
- Présentation des espagnols aux indiens au nom du roi de Castille et du Pape, et réponse de ceux-ci selon la logique
b- Les exemples du roi du Pérou et de Mexico :
o Roi du Pérou : pendu et étranglé publiquement après paiement de la rançon + funérailles somptueuse
o Roi de Mexico : brûlé avec l’un de ses seigneurs après la prise de sa ville parce que les espagnols ne trouvèrent pas tout l’or qu’ils avaient espéré + pendu
c- Autre exactions des colons :
o Ont brûlé 460 hommes
o Se vantent de leurs méfaits
→ note de Montaigne sur le rapport de leurs actions à la foi : ils eussent considéré que ce n’est pas en possession de terres qu’elle s’amplifie, mais en possession d’hommes
d- Les punitions :
o Plusieurs chefs exécutés par le roi de Castille horrifié
o Les guerres intestines et les naufrages ont perdu les pillages gagnés d’une si horrible manière
e- L’innocence des indiens venaient entre du fait qu’ils ne connaissaient pas la monnaie et n’utilisaient leur or que par assemblage pour la parade
f- Une idée indienne de la fin du monde :
o Indiens pensaient que la fin du monde était proche > venue des colons apparut comme un signe
o La vie du monde se sépare en 5 âges marquée par 5 soleils consécutifs > ils vivaient actuellement sous le cinquième (après inondation, chute du ciel, incendie et tempête universels)
g- Comparaison magnificence antique et indienne :
o Transition, retour au premier sujet : Quand à la pompe et magnificence, par où je suis entré en ce propos
o Supériorité de la richesse architecturale indienne tandis qu’ils n’utilisaient aucune machine
7) Les coches et les indiens
- Transition : Retombons à nos coches
- Les rois indiens se faisaient porté sur les épaules de leurs hommes et non dans des coches
- L’exemple du roi du Pérou
Ceci est une organisation du Journal des Faux-monnayeurs pour ceux qui suivent l'UE de littérature classique et moderne. J'y ai rapporté les citations les plus importantes et ai tenté de trouver un semblant de cohérence dans ce bazar ! (n'étudie pas le chaos de l'écriture qui veut ^^)
LE JOURNAL DES FAUX-MONNAYEURS - ANDRE GIDE
- « Aussi touffu que je souhaite ce livre, je ne puis songer à tout y faire entrer. Et c’est pourtant ce désir qui m’embarrasse encore »
I- PISTES D’ORGANISATION DES FM ET SOURCE D’INSPIRATION :
1) Organisation :
- « Je crois qu’il y a matière à deux livres » :
o Le roman des deux sœurs (l’aîné épouse homme aux vertus fantoches ac bénédiction de sa famille mais ne le comprend qu’après) > deux paragraphe plus loin abandonne idée d’opposition de deux sœurs
o Le cas du séducteur (épuise par avance par imagination l’objet de son désir)
- Idée de deux sœurs : un homme épouse l’aînée mais engrosse la cadette. L’aînée veut détourner l’enfant
- Groupes : Argonautes, dévoué à la Patrie sans savoir comment la protéger / les anarchistes / les conservateur → qu’est-ce qu’il importe de protéger ?
2) Inspiration :
- Inspiré de deux faits-divers :
o Faux-monnayeurs anarchistes du 7 et 8 août 1907
o Suicides d’écoliers de Clermont-Ferrand le 5 juin 1909
=> « Fondre tout cela dans une seule et même intrigue » + épigraphe de Fréchaut : « Dites « le cénacle », monsieur le juge, réplique-t-il vivement. C’était une assemblée où l’on s’est peut être occupé de fausse monnaie, je ne dis pas non, mais où l’on traitait surtout les questions de politique et de littérature »
- Expérience de Gide :
o Vol à l’étalage d’un guide d’Algérie par un gamin <=> Georges (vt faire raconter anecdote par enfant ; raisonne comme Edouard pour réutilisation de ce qu’il vit et voit)
o Jeune fille handicapée dans le train → veut la faire rencontrer à Edouard qui imaginerait son passé
o La grosse dame et son mari dans le train → « la personne qui ne finirait jamais ses phrases » <=> Mme Vedel
3) Théorie :
- Souhaite opposer les générations : nouvelles aspirations Vs ceux rangés au point qu’on doute qu’ils aient connu ces mêmes aspirations
- Un esprit faux = « celui qui met sa raison au service de ses instincts, de ses intérêts (…) ou de son tempérament » + se persuade qu’il a raison
- Un véritable hypocrite : « celui qui ne s’aperçoit plus du mensonge, celui qui ment avec sincérité »
- Bases structurantes du livre :
o Artistique : problème du livre, exposé par Edouard
o Intellectuelle : sujet de dissertation de Bernard (effleurer toute chose)
o Morale : insubordination de l’enfant, refus de ses parents
- « Ce cahier où j’écris l’histoire même du livre, je le vois versé tout entier dans le livre, en formant l’intérêt principal, pour la majeure irritation du lecteur »
- « L’adoration exclusive d’un des attributs de Dieu [la Vérité] est une des formes du paganisme »
- « Chacun (…) ne comprend vraiment en autrui que les sentiments qu’il est capable lui-même de fournir »
- Certaines maximes sont aussi bien la clef du Paradis que de l’Enfer
- « La pureté, en art comme partout, c’est cela qui importe » → réflexions sur les écrits de Stendhal, Balzac… à mettre dans la bouche d’Edouard : épargne à l’auteur le fait de devoir prendre ces opinions à son compte + conviction que le pur roman n’a jamais été écrit doit aiguillonner Edouard > n’arrivera jamais à l’écrire
- Gide : « mon cœur ne bat que par sympathie. C’est ce qui me rend toute discussion si difficile. J’abandonne aussitôt mon point de vue. Je me quitte (…) Ceci est la clef de mon caractère et de mon œuvre » => ne pas chercher auteur dans FM
- « Le renoncement à la vertu par abdication de l’orgueil » → ??
- « Que maints geste de ceux d’une génération trouvent leur explication dans la génération suivante »
- Fatigue de Gide qui ne voit pas le livre avancer : « effort de projeter au-dehors une création intérieure, d’objectiver le sujet », image de la navigation sans terre en vue → « Il faudra, dans le livre même, user de cette image ; la plupart des artistes (…) sont des côtoyeurs, et qui se croient perdus dès qu’ils perdent la terre de vue – Vertige de l’espace vide »
II- THEORIES SUR ECRITURE DES FM :
1) Concernant les personnages :
- « Les personnages demeurent inexistants aussi longtemps qu’ils ne sont pas baptisés » → ??
- « Ne jamais exposer d’idées qu’en fonction des tempéraments et des caractères » → veut le faire dire à un personnage => désir d’un méta-roman, roman sur la théorie du roman <=> « Les opinions n’existent pas en dehors des individus »
- Ne peut pas présenter tout le récit selon point de vue de Lafcadio car trop spécial : « Peut être est-ce folie de vouloir éviter à tout prix le simple récit impersonnel » → trouver des truchements successifs (notes de Lafcadio, carnet de note d’Edouard, dossier d’un avocat…)
- « La grande erreur des dialogues du livre de X…, c’est que ses personnages parlent toujours pour le lecteur. L’auteur leur a confié sa mission de tout expliquer. Bien veiller toujours à ce qu’un personnage ne parle que pour celui à qui il s’adresse »
- « Tout idéal en ce bas monde est masqué par la vulgarité des circonstances où il se réalise » (W. James, Précis de pyschologie)
- Question du clair-obscur des personnages : définition de la lumière par rapport à l’ombre qui donne le volume
- « Ne pas amener trop au premier plan – ou du moins pas trop vite – les personnages les plus importants (…) les faire attendre. Ne pas les décrire, mais faire en sorte de forcer le lecteur à les imaginer comme il sied. Au contraire, décrire avec précision et accuser fortement les comparses épisodiques ; les amener au premier plan pour distancer d’autant les autres » => première scène du Luxembourg
→ « Le sentiment doit ici précéder la connaissance »
- Cherche « l’expression directe de l’état de mon personnage, – telle phrase qui fût directement révélatrice de son état intérieur – plutôt que de dépeindre cet état »
- « je veux attiser tour à tour chacun de mes personnages sur le devant du théâtre et lui céder un instant la place d’honneur »
2) Ecriture :
- « Ne pas trop se désoler des temps d’arrêt. Ils aèrent le sujet et le pénètrent de vie réelle »
- « Mieux vaut ne recourir à aucun décor indifférent à l’action. Tout ce qui ne peut servir alourdit » → tout doit servir à l’économie du roman
- « Purger le roman de tous les éléments qui n’appartiennent pas spécifiquement au roman » Vs synthèse des art wagnérienne
- « Besoin d’établir une relation continue entre les éléments épars ; je voudrais pourtant éviter ce qu’a d’artificiel une intrigue ; mais il faudrait que les événements se groupent indépendamment de Lafcadio, et pour ainsi dire : à son insu »
- Entreprise « plus difficile, d’autant que je prétends le rapprocher du type convenu du roman – et que nombre de ces prétendues difficultés tomberont du jour où je prendrai délibérément mon parti de son étrangeté »
« Il y aurait des personnages inutiles, des gestes inefficaces, des propos inopérants, et l’action ne s’engagerait pas »
- « Chez Stendhal, jamais une phrase n’appelle la suivante, ni ne naît de pas précédente »
- « Je voudrais que les événements ne fussent jamais racontés directement par l’auteur, mais plutôt exposés (et plusieurs fois, sous des angles divers) par ceux des acteurs sur qui ces événements auront eu quelque influence. Je voudrais que dans le récit qu’ils en feront, ces événements apparaissent légèrement déformés ; une sorte d’intérêt vient, pour le lecteur, de ce seul fait qu’il ait à rétablir. L’histoire requiert sa collaboration pour se bien dessiner »
- « L’histoire des FM ne doit être découverte que petit à petit, à travers les conversations où du mêle coup tous les caractères se dessinent »
- « Besoin de remonter toujours plus en arrière pour expliquer n’importe quel événement. »
- « Il n’y a pas, à proprement parler, un seul centre à ce livre, autour de quoi viennent converger mes efforts ; c’est autour de deux foyers (…) : d’une part l’événement, le fait, la donnée extérieure ; d’autre part, l’effort même du romancier pour faire un livre avec cela » → « Désaxe le récit et l’entraîne vers l’imaginatif »
- Gide tenté par l’épique pour éviter l’ornière réaliste du roman
- « C’est à l’envers que se développe, assez bizarrement, mon roman. C’est-à-dire que je découvre sans cesse que ceci ou cela, qui se passait auparavant, devrait être dit. Les chapitres, ainsi, s’ajoutent, non point les uns après les autres, mais repoussant toujours celui que je pensais d’abord devoir être le premier »
- « Les meilleures parties de mon livre son celles d’invention pure. Si j’ai raté le portrait du vieux Lapérouse, ce fut pour l’avoir trop rapproché de la réalité (…) Le difficile c’est d’inventer, là où le souvenir vous retient »
- Volonté d’introduire au début un élément fantastique qui permettrait des écarts au récit, des irréalités par la suite
- « Pour chaque chapitre, je dois repartir à neuf. Ne jamais profiter de l’élan acquis – telle est la règle de mon jeu »
- « Le style des FM ne doit présenter aucun intérêt de surface, aucune saillie. Tout doit être dit de la manière la plus plate »
- « Un surgissement perpétuel ; chaque nouveau chapitre doit poser un nouveau problème, être une ouverture, une direction, une impulsion, une jetée en avant – de l’esprit du lecteur » → ??
- « Le livre, maintenant, semble parfois doué de vie propre » : « Le mauvais romancier construit ses personnages ; il les dirige et les fait parler. Le vrai romancier les écoute et les regarde agir (…) c’est d’après ce qu’il leur entend dire qu’il comprend peu à peu qui ils sont »
- « La vie nous présente de toutes parts quantités d’amorces de drames, mais il est rare que ceux-ci se poursuivent et se dessinent comme a coutume de les filer un romancier. Et c’est là précisément l’impression que je voudrais donner dans ce livre, et ce que je ferai dire à Edouard »
- « Celui-ci [livre] s’achèvera brusquement, non point par épuisement du sujet, qui doit donner l’impression de l’inépuisable, mais au contraire, par son élargissement et par une sorte d’évasion de son contour. Il ne doit pas se boucler, mais s’éparpiller, se défaire… »
III- QUESTION DE LA SITUATION HISTORIQUE :
- Gide ne veut pas y faire entrer de préoccupations historiques en le situant par rapport à la guerre : « Je ne puis tout à la fois être rétrospectif et actuel » ; « Mais qu’en tout temps l’on puisse dire : d’aujourd’hui »
- « Je ne puis prétendre à être tout à la fois précis et non situé » : FM avant guerre ; pensées et préoccupations ≠ les mêmes avant ou après
→ livre en deux partie, avant et après : chacun sort de la guerre plus enfoncé dans le sens de son idéologie (socialiste, nationaliste et chrétien) : « Faute des demi-mesures qui laissent croire à chacun des partis que, si le compromis n’avait pas été commis à son détriment, la partie aurait été mieux gagnée et rien de désastreux n’aurait eu lieu »
=> « Ce n’est point tant en apportant la solution de certains problèmes, que je puis rendre un réel service au lecteur ; mais bien en le forçant à réfléchir lui-même sur ces problèmes dont je n’admets guère qu’il puisse y avoir d’autre solution que particulière et personnelle »
IV- PISTES DE RECIT :
- Z (Strouvilhou) travaille à débaucher et pervertir les enfants du pasteur par rancune contre morale rigoriste qui condamne ceux qui s’écartent de son chemin
- Les FM acceptent personne compromise dans quelque chose = otage pour le faire chanter en cas de besoin
- Vincent : n des fils du pasteur économise pour réparer une faute tandis que sa famille a besoin d’argent. Perd au jeu. Se console de cette perte. Regagne. Nouvel argent, ne correspond plus à celui destiné à la réparation > le garde.
- Bernard : insubordonné au début, se limite au fil du livre. Chaque amour entraîne un dévouement, une dévotion : « ce n’est qu’en se limitant, que son champ d’action peut se préciser » => réagit contre chaque influence et ne se laisse pas entamer
« Bernard pense : – se diriger vers un but ? – Non ! Mais : aller de l’avant »
- Olivier : son caractère se déforme au fil du livre, fait actions contraires à son être par dépit > dégoût de lui-même > émoussement progressif de sa personnalité + Vincent => se laissent tous deux entamer par la vie malgré hautes aspirations par faiblesse de caractère
- Lady Griffith : doit rester en-dehors du livre, pas d’existence morale ni de personnalité > gêne de Vincent > deux amants faits pour se haïr
- Frère aîné de Bernard : se persuade qu’il soit être un homme d’action, càd un homme de parti > tout doit converger vers ce point et se faire en fonction de lui (facteur de la révolte de Bernard)
- Gide comprend que Profitendieu est plus intéressant qu’à première vue, idem pr lecteur
- Boris : toutes ses qualités peuvent être tournées en dérision par ses camarades : « rien ne permet de se lier autant que des défauts communs, ou des vices, tant il est vrai que la noblesse de l’âme empêche la facilité de l’accueil »
- Edouard : échoue car ignore réel dévouement, se poursuit lui-même sans cesse, raté
- « Un ami c’est quelqu’un avec qui on serait heureux de faire un mauvais coup » (Méral)
- Maldonne : c’est Olivier qu’Edouard aurait du adopter, et c’est lui qu’il aimait
- « Doctrine du moindre effort » des enfants : « aucun n’avait su comprendre qu’il peut y avoir bénéfice dans l’effort même et récompense ailleurs que dans e but obtenu » → se retrouve dans vêtements des écoliers
V- TRAITE DE LA NON EXISTENCE DU DIABLE :
- Peut devenir le sujet central : « Plus on le nie, plus on lui donne de réalité » → point invisible autour de quoi tout gravite <=> « Pourquoi me craindrais-tu ? Tu sais bien que je n’existe pas »
→ Personnages : « J’en voudrais un (le diable) qui circulerait incognito à travers tout le livre et dont la réalité s’affirmerait d’autant plus qu’on croirait moins en lui » = Strouvilhou
- « Il sait qu’il ne se cache nulle part aussi bien que derrière ces explications rationnelles, qui le relèguent au rang des hypothèses gratuites. Satan ou l’hypothèse gratuite »
VI- RAPPORT AU LECTEUR :
- Cl premier cahier : « Le problème, pour moi, n’est pas : comment réussir ? – mais bien : comment durer ? Depuis longtemps, je ne prétends gagner mon procès qu’en appel. Je n’écris que pour être relu »
- « Il sied (…) de laisser le lecteur prendre barre sur moi – de s’y prendre de manière à lui permettre de croire qu’il est plus intelligent que l’auteur, plus moral, plus perspicace et qu’il découvre dans les personnages maintes choses, et dans le cours du récit maintes vérités, malgré l’auteur et pour ainsi dire à son insu »
- « Mon livre achevé, je tire la barre, et laisse au lecteur le soin de l’opération » ; « Tant pis pour le lecteur paresseux : j’en veux d’autres »
- « Inquiéter, tel est mon rôle. Le public préfère toujours qu’on le rassure. Il en est dont c’est le métier. Il n’en est que trop » <=> Passavant
- « Il me parait toujours inutile d’expliquer tout au long ce que le lecteur attentif a compris ; c’est lui faire injure. L’imagination jaillit d’autant plus haut que l’extrémité du conduit se fait plus étroite »
- Cl Journal : « Mais, tout considéré, mieux vaut laisser le lecteur penser ce qu’il veut – fût-ce contre moi »
- « Aussi touffu que je souhaite ce livre, je ne puis songer à tout y faire entrer. Et c’est pourtant ce désir qui m’embarrasse encore »
I- PISTES D’ORGANISATION DES FM ET SOURCE D’INSPIRATION :
1) Organisation :
- « Je crois qu’il y a matière à deux livres » :
o Le roman des deux sœurs (l’aîné épouse homme aux vertus fantoches ac bénédiction de sa famille mais ne le comprend qu’après) > deux paragraphe plus loin abandonne idée d’opposition de deux sœurs
o Le cas du séducteur (épuise par avance par imagination l’objet de son désir)
- Idée de deux sœurs : un homme épouse l’aînée mais engrosse la cadette. L’aînée veut détourner l’enfant
- Groupes : Argonautes, dévoué à la Patrie sans savoir comment la protéger / les anarchistes / les conservateur → qu’est-ce qu’il importe de protéger ?
2) Inspiration :
- Inspiré de deux faits-divers :
o Faux-monnayeurs anarchistes du 7 et 8 août 1907
o Suicides d’écoliers de Clermont-Ferrand le 5 juin 1909
=> « Fondre tout cela dans une seule et même intrigue » + épigraphe de Fréchaut : « Dites « le cénacle », monsieur le juge, réplique-t-il vivement. C’était une assemblée où l’on s’est peut être occupé de fausse monnaie, je ne dis pas non, mais où l’on traitait surtout les questions de politique et de littérature »
- Expérience de Gide :
o Vol à l’étalage d’un guide d’Algérie par un gamin <=> Georges (vt faire raconter anecdote par enfant ; raisonne comme Edouard pour réutilisation de ce qu’il vit et voit)
o Jeune fille handicapée dans le train → veut la faire rencontrer à Edouard qui imaginerait son passé
o La grosse dame et son mari dans le train → « la personne qui ne finirait jamais ses phrases » <=> Mme Vedel
3) Théorie :
- Souhaite opposer les générations : nouvelles aspirations Vs ceux rangés au point qu’on doute qu’ils aient connu ces mêmes aspirations
- Un esprit faux = « celui qui met sa raison au service de ses instincts, de ses intérêts (…) ou de son tempérament » + se persuade qu’il a raison
- Un véritable hypocrite : « celui qui ne s’aperçoit plus du mensonge, celui qui ment avec sincérité »
- Bases structurantes du livre :
o Artistique : problème du livre, exposé par Edouard
o Intellectuelle : sujet de dissertation de Bernard (effleurer toute chose)
o Morale : insubordination de l’enfant, refus de ses parents
- « Ce cahier où j’écris l’histoire même du livre, je le vois versé tout entier dans le livre, en formant l’intérêt principal, pour la majeure irritation du lecteur »
- « L’adoration exclusive d’un des attributs de Dieu [la Vérité] est une des formes du paganisme »
- « Chacun (…) ne comprend vraiment en autrui que les sentiments qu’il est capable lui-même de fournir »
- Certaines maximes sont aussi bien la clef du Paradis que de l’Enfer
- « La pureté, en art comme partout, c’est cela qui importe » → réflexions sur les écrits de Stendhal, Balzac… à mettre dans la bouche d’Edouard : épargne à l’auteur le fait de devoir prendre ces opinions à son compte + conviction que le pur roman n’a jamais été écrit doit aiguillonner Edouard > n’arrivera jamais à l’écrire
- Gide : « mon cœur ne bat que par sympathie. C’est ce qui me rend toute discussion si difficile. J’abandonne aussitôt mon point de vue. Je me quitte (…) Ceci est la clef de mon caractère et de mon œuvre » => ne pas chercher auteur dans FM
- « Le renoncement à la vertu par abdication de l’orgueil » → ??
- « Que maints geste de ceux d’une génération trouvent leur explication dans la génération suivante »
- Fatigue de Gide qui ne voit pas le livre avancer : « effort de projeter au-dehors une création intérieure, d’objectiver le sujet », image de la navigation sans terre en vue → « Il faudra, dans le livre même, user de cette image ; la plupart des artistes (…) sont des côtoyeurs, et qui se croient perdus dès qu’ils perdent la terre de vue – Vertige de l’espace vide »
II- THEORIES SUR ECRITURE DES FM :
1) Concernant les personnages :
- « Les personnages demeurent inexistants aussi longtemps qu’ils ne sont pas baptisés » → ??
- « Ne jamais exposer d’idées qu’en fonction des tempéraments et des caractères » → veut le faire dire à un personnage => désir d’un méta-roman, roman sur la théorie du roman <=> « Les opinions n’existent pas en dehors des individus »
- Ne peut pas présenter tout le récit selon point de vue de Lafcadio car trop spécial : « Peut être est-ce folie de vouloir éviter à tout prix le simple récit impersonnel » → trouver des truchements successifs (notes de Lafcadio, carnet de note d’Edouard, dossier d’un avocat…)
- « La grande erreur des dialogues du livre de X…, c’est que ses personnages parlent toujours pour le lecteur. L’auteur leur a confié sa mission de tout expliquer. Bien veiller toujours à ce qu’un personnage ne parle que pour celui à qui il s’adresse »
- « Tout idéal en ce bas monde est masqué par la vulgarité des circonstances où il se réalise » (W. James, Précis de pyschologie)
- Question du clair-obscur des personnages : définition de la lumière par rapport à l’ombre qui donne le volume
- « Ne pas amener trop au premier plan – ou du moins pas trop vite – les personnages les plus importants (…) les faire attendre. Ne pas les décrire, mais faire en sorte de forcer le lecteur à les imaginer comme il sied. Au contraire, décrire avec précision et accuser fortement les comparses épisodiques ; les amener au premier plan pour distancer d’autant les autres » => première scène du Luxembourg
→ « Le sentiment doit ici précéder la connaissance »
- Cherche « l’expression directe de l’état de mon personnage, – telle phrase qui fût directement révélatrice de son état intérieur – plutôt que de dépeindre cet état »
- « je veux attiser tour à tour chacun de mes personnages sur le devant du théâtre et lui céder un instant la place d’honneur »
2) Ecriture :
- « Ne pas trop se désoler des temps d’arrêt. Ils aèrent le sujet et le pénètrent de vie réelle »
- « Mieux vaut ne recourir à aucun décor indifférent à l’action. Tout ce qui ne peut servir alourdit » → tout doit servir à l’économie du roman
- « Purger le roman de tous les éléments qui n’appartiennent pas spécifiquement au roman » Vs synthèse des art wagnérienne
- « Besoin d’établir une relation continue entre les éléments épars ; je voudrais pourtant éviter ce qu’a d’artificiel une intrigue ; mais il faudrait que les événements se groupent indépendamment de Lafcadio, et pour ainsi dire : à son insu »
- Entreprise « plus difficile, d’autant que je prétends le rapprocher du type convenu du roman – et que nombre de ces prétendues difficultés tomberont du jour où je prendrai délibérément mon parti de son étrangeté »
« Il y aurait des personnages inutiles, des gestes inefficaces, des propos inopérants, et l’action ne s’engagerait pas »
- « Chez Stendhal, jamais une phrase n’appelle la suivante, ni ne naît de pas précédente »
- « Je voudrais que les événements ne fussent jamais racontés directement par l’auteur, mais plutôt exposés (et plusieurs fois, sous des angles divers) par ceux des acteurs sur qui ces événements auront eu quelque influence. Je voudrais que dans le récit qu’ils en feront, ces événements apparaissent légèrement déformés ; une sorte d’intérêt vient, pour le lecteur, de ce seul fait qu’il ait à rétablir. L’histoire requiert sa collaboration pour se bien dessiner »
- « L’histoire des FM ne doit être découverte que petit à petit, à travers les conversations où du mêle coup tous les caractères se dessinent »
- « Besoin de remonter toujours plus en arrière pour expliquer n’importe quel événement. »
- « Il n’y a pas, à proprement parler, un seul centre à ce livre, autour de quoi viennent converger mes efforts ; c’est autour de deux foyers (…) : d’une part l’événement, le fait, la donnée extérieure ; d’autre part, l’effort même du romancier pour faire un livre avec cela » → « Désaxe le récit et l’entraîne vers l’imaginatif »
- Gide tenté par l’épique pour éviter l’ornière réaliste du roman
- « C’est à l’envers que se développe, assez bizarrement, mon roman. C’est-à-dire que je découvre sans cesse que ceci ou cela, qui se passait auparavant, devrait être dit. Les chapitres, ainsi, s’ajoutent, non point les uns après les autres, mais repoussant toujours celui que je pensais d’abord devoir être le premier »
- « Les meilleures parties de mon livre son celles d’invention pure. Si j’ai raté le portrait du vieux Lapérouse, ce fut pour l’avoir trop rapproché de la réalité (…) Le difficile c’est d’inventer, là où le souvenir vous retient »
- Volonté d’introduire au début un élément fantastique qui permettrait des écarts au récit, des irréalités par la suite
- « Pour chaque chapitre, je dois repartir à neuf. Ne jamais profiter de l’élan acquis – telle est la règle de mon jeu »
- « Le style des FM ne doit présenter aucun intérêt de surface, aucune saillie. Tout doit être dit de la manière la plus plate »
- « Un surgissement perpétuel ; chaque nouveau chapitre doit poser un nouveau problème, être une ouverture, une direction, une impulsion, une jetée en avant – de l’esprit du lecteur » → ??
- « Le livre, maintenant, semble parfois doué de vie propre » : « Le mauvais romancier construit ses personnages ; il les dirige et les fait parler. Le vrai romancier les écoute et les regarde agir (…) c’est d’après ce qu’il leur entend dire qu’il comprend peu à peu qui ils sont »
- « La vie nous présente de toutes parts quantités d’amorces de drames, mais il est rare que ceux-ci se poursuivent et se dessinent comme a coutume de les filer un romancier. Et c’est là précisément l’impression que je voudrais donner dans ce livre, et ce que je ferai dire à Edouard »
- « Celui-ci [livre] s’achèvera brusquement, non point par épuisement du sujet, qui doit donner l’impression de l’inépuisable, mais au contraire, par son élargissement et par une sorte d’évasion de son contour. Il ne doit pas se boucler, mais s’éparpiller, se défaire… »
III- QUESTION DE LA SITUATION HISTORIQUE :
- Gide ne veut pas y faire entrer de préoccupations historiques en le situant par rapport à la guerre : « Je ne puis tout à la fois être rétrospectif et actuel » ; « Mais qu’en tout temps l’on puisse dire : d’aujourd’hui »
- « Je ne puis prétendre à être tout à la fois précis et non situé » : FM avant guerre ; pensées et préoccupations ≠ les mêmes avant ou après
→ livre en deux partie, avant et après : chacun sort de la guerre plus enfoncé dans le sens de son idéologie (socialiste, nationaliste et chrétien) : « Faute des demi-mesures qui laissent croire à chacun des partis que, si le compromis n’avait pas été commis à son détriment, la partie aurait été mieux gagnée et rien de désastreux n’aurait eu lieu »
=> « Ce n’est point tant en apportant la solution de certains problèmes, que je puis rendre un réel service au lecteur ; mais bien en le forçant à réfléchir lui-même sur ces problèmes dont je n’admets guère qu’il puisse y avoir d’autre solution que particulière et personnelle »
IV- PISTES DE RECIT :
- Z (Strouvilhou) travaille à débaucher et pervertir les enfants du pasteur par rancune contre morale rigoriste qui condamne ceux qui s’écartent de son chemin
- Les FM acceptent personne compromise dans quelque chose = otage pour le faire chanter en cas de besoin
- Vincent : n des fils du pasteur économise pour réparer une faute tandis que sa famille a besoin d’argent. Perd au jeu. Se console de cette perte. Regagne. Nouvel argent, ne correspond plus à celui destiné à la réparation > le garde.
- Bernard : insubordonné au début, se limite au fil du livre. Chaque amour entraîne un dévouement, une dévotion : « ce n’est qu’en se limitant, que son champ d’action peut se préciser » => réagit contre chaque influence et ne se laisse pas entamer
« Bernard pense : – se diriger vers un but ? – Non ! Mais : aller de l’avant »
- Olivier : son caractère se déforme au fil du livre, fait actions contraires à son être par dépit > dégoût de lui-même > émoussement progressif de sa personnalité + Vincent => se laissent tous deux entamer par la vie malgré hautes aspirations par faiblesse de caractère
- Lady Griffith : doit rester en-dehors du livre, pas d’existence morale ni de personnalité > gêne de Vincent > deux amants faits pour se haïr
- Frère aîné de Bernard : se persuade qu’il soit être un homme d’action, càd un homme de parti > tout doit converger vers ce point et se faire en fonction de lui (facteur de la révolte de Bernard)
- Gide comprend que Profitendieu est plus intéressant qu’à première vue, idem pr lecteur
- Boris : toutes ses qualités peuvent être tournées en dérision par ses camarades : « rien ne permet de se lier autant que des défauts communs, ou des vices, tant il est vrai que la noblesse de l’âme empêche la facilité de l’accueil »
- Edouard : échoue car ignore réel dévouement, se poursuit lui-même sans cesse, raté
- « Un ami c’est quelqu’un avec qui on serait heureux de faire un mauvais coup » (Méral)
- Maldonne : c’est Olivier qu’Edouard aurait du adopter, et c’est lui qu’il aimait
- « Doctrine du moindre effort » des enfants : « aucun n’avait su comprendre qu’il peut y avoir bénéfice dans l’effort même et récompense ailleurs que dans e but obtenu » → se retrouve dans vêtements des écoliers
V- TRAITE DE LA NON EXISTENCE DU DIABLE :
- Peut devenir le sujet central : « Plus on le nie, plus on lui donne de réalité » → point invisible autour de quoi tout gravite <=> « Pourquoi me craindrais-tu ? Tu sais bien que je n’existe pas »
→ Personnages : « J’en voudrais un (le diable) qui circulerait incognito à travers tout le livre et dont la réalité s’affirmerait d’autant plus qu’on croirait moins en lui » = Strouvilhou
- « Il sait qu’il ne se cache nulle part aussi bien que derrière ces explications rationnelles, qui le relèguent au rang des hypothèses gratuites. Satan ou l’hypothèse gratuite »
VI- RAPPORT AU LECTEUR :
- Cl premier cahier : « Le problème, pour moi, n’est pas : comment réussir ? – mais bien : comment durer ? Depuis longtemps, je ne prétends gagner mon procès qu’en appel. Je n’écris que pour être relu »
- « Il sied (…) de laisser le lecteur prendre barre sur moi – de s’y prendre de manière à lui permettre de croire qu’il est plus intelligent que l’auteur, plus moral, plus perspicace et qu’il découvre dans les personnages maintes choses, et dans le cours du récit maintes vérités, malgré l’auteur et pour ainsi dire à son insu »
- « Mon livre achevé, je tire la barre, et laisse au lecteur le soin de l’opération » ; « Tant pis pour le lecteur paresseux : j’en veux d’autres »
- « Inquiéter, tel est mon rôle. Le public préfère toujours qu’on le rassure. Il en est dont c’est le métier. Il n’en est que trop » <=> Passavant
- « Il me parait toujours inutile d’expliquer tout au long ce que le lecteur attentif a compris ; c’est lui faire injure. L’imagination jaillit d’autant plus haut que l’extrémité du conduit se fait plus étroite »
- Cl Journal : « Mais, tout considéré, mieux vaut laisser le lecteur penser ce qu’il veut – fût-ce contre moi »
lundi 31 mars 2008
Poésie et récit - CM littérature générale
Partie du CM 5 de D. Alexandre
Question complexe. Il subsiste bien du récit dans les poèmes. Mais... fonction du récit ? Normalement caractérisé par narrativité qui, pour Genette, pour Ricoeur, est une transformation. Ex : je marche --> transformation, c'est bien narratif. Fonctionne avec de l'intentionnalité. Du coup, nombreux poèmes de notre programme ont trait au récit. Ce qui est transformé par le poème, c'est toujours le MOI. MAIS s'oppose à théorisation du lyrisme au XIXème et XXème siècle, comme opposé au fait de raconter ! C'est le cas depuis le XVIIIème s. S'oppose par rapport à la poésie épique et dramatique.
Question complexe. Il subsiste bien du récit dans les poèmes. Mais... fonction du récit ? Normalement caractérisé par narrativité qui, pour Genette, pour Ricoeur, est une transformation. Ex : je marche --> transformation, c'est bien narratif. Fonctionne avec de l'intentionnalité. Du coup, nombreux poèmes de notre programme ont trait au récit. Ce qui est transformé par le poème, c'est toujours le MOI. MAIS s'oppose à théorisation du lyrisme au XIXème et XXème siècle, comme opposé au fait de raconter ! C'est le cas depuis le XVIIIème s. S'oppose par rapport à la poésie épique et dramatique.
"la poésie est deux fois lyrique dès que l'action s'arrête." (Abbé Batteux)
Et le XIXème siècle accentue cela :
- Disparition progressive de l'épopée : le dernier poète à en faire est V. HUGO (penser aussi que l'épopée avait à voir avec les sentiments nationaux...). Il y avait aussi quelques épopées scientifiques à l'époque, sur le modèle du De natura Rerum de Lucrèce.
- Théâtre va plus s'écrire en vers mais en prose, vers libres ou versets.
Alors poésie va tendre de + en + à se confondre avec le yrisme. Et la distinction se fera alors avec la prose qui s'identifiera au roman et au théâtre.
Prose et poésie vont s'opposer comme la langue quotidienne va s'opposer à la langue poétique. C'est d'ailleurs le moment où la qualité d'un ouvrage va être jaugée de façon linguistique. Les poètes majeurs sont au coeur de ces questions : Mallarmé et ses héritiers. (Cf. Oeuvres complètes de Mallarmé, p. 368, éd. H Mondor). Oppposition de la "littérature", c'est-à-dire de la poésie lyrique à tout le reste : écriture didactique, descriptive, narrative --> il les assimile au "reportage" ! L'exigence n'est pas de contenu de texte mais ETHIQUE. C'est exiger une langue poétique travaillée.
Du reste Paul Valéry, dans Variétés, dans le texte "Sur Mallarmé" salue l'exigence linguistique de Mallarmé en disant :
"La littérature rejoint le domaine de l'écriture."
Avoir conscience de ce qu'on écrit : travail, maîtrise de l'écriture. Pas d'abandon au flot du récit. Exigence intellectuelle et moral. D'où écriture hermétique de Mallarmé.
"Tout ce qui plaît à la plupart a été expurgé de cette oeuvre."
" Rien de ce trop humain qui avilit tant les poèmes." (Mallarmé)
Correspond à un effort de la langue. Pensée en opposition avec le réel. Y. Bonnefoy dit :
"Le seul acte de Valéry est de se retirer de tout acte pour enrichir d'une part d'intériorité divine notre intériorité limitée."
L'écriture lyrique se pose donc comme une écriture active et non passive. Le poète n'est pas celui donc qui s'abandonne à l'intériorité mais qui cherche à la maîtriser -> sublimation du sensible. Poésie tend de + en + vers Absolu, voulu et souhaité par la maîtrise de la langue.
La poésie pure, c'est ce qui subsiste quand on a tout enlevé. H. Brémond, dans une conférence à l'Académie Française dans les années 1920 dit que la poésie pure, c'est la part d'ineffable, d'indicible, présente dans le poème, qui excède les mots. C'est ce qui reste quand on a enlevé : "la narration, le drame, le didactisme, l'éloquence, les images, le raisonnement."
Une conception du lyrisme donc assez éloignée de la réalité, assez extrême.
Libellés :
cm,
didier alexandre,
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lyrisme,
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jeudi 27 mars 2008
Littérature française XXème s. : CM 4
Cours du 27 mars 2008 de M. Guénoun
Retour sur I, 1 du Soulier de Satin
¤ L'annoncier : tâche que public fixe ses yeux sur un point. Sorte de confusion volontaire : point de la scène ou point du monde ? C'est toujours le cas au théâtre mais là attention sur ce point de façon claire comme point extrêmement déterminé du monde.
"Je pourrais les toucher avec ma canne. Autour du ciel." -> stylistiquement parlant, c'est très curieux. Phrase mystérieuse qui a du charme -> touche ambiguïté évoquée précédemment.
Point à égale distance est et ouest et comme à l'aplomb de qqc entre ciel et mer. Rapport extrêmement allusif, peut-être, à Heidegger, à sa structure interne de l'homme comme divisé en 4 points. Claudel les détermine presque géographiquement -> qqc comme un point central là.
A partir de là, Annoncier va décrire ce qu'il voit sur scène. Avec importance des déictique.
"Comme vous voyez" -> acteur a là un travail particulièrement ingrat, fait de décrire -> c'est assez anti-théâtral. On pourrait imaginer cas où tâche acteur serait de montrer vraiment le décalage... Or, énoncés visiblement tautologiques qui sont parfois assez violents. En tout cas, devra sans doute travailer sur l'écart mais avec difficulté ici.
"Comme vous voyez" -> acteur a là un travail particulièrement ingrat, fait de décrire -> c'est assez anti-théâtral. On pourrait imaginer cas où tâche acteur serait de montrer vraiment le décalage... Or, énoncés visiblement tautologiques qui sont parfois assez violents. En tout cas, devra sans doute travailer sur l'écart mais avec difficulté ici.
Il enchaîne sur énoncé non-tautologique -> C'est A qui est NON-A. Là, vrai écart... qui est l'essence-même du théâtre !
¤ Le Père Jésuite : On retrouve peut-être là qqc de la quadripartition "égale distance de ce monde ancien [...] et de l'autre nouveau.". Tout le discours du père adressé à Dieu -> dimension céleste. Et là apparaît la croix :
+ -> n'aurait-ce pas aussi à voir dans division en 4 ?
MAIS cette croix "plus attachée à rien" -> elle flotte alors que d'habitude est ou plantée dans la terre ou transportée.
Parfois, on trouve formules extrêmement violentes dans la bouche des personnages de Claudel : là, c'est contre les musulmans et les protestants. MAIS ce n'est pas l'auteur qui parle. Néanmoins, crée impression de gêne. Et réflexion sur unité du monde qui est grande violence !
"Nouveau monde" -> il y a toujours ambiguïté... Espace ou temps ? Pour Claudel, certainement les deux. Pour lui, Colomb vraiment Christophe comme Christophore -> certain sens eschatologique qu'a pour lui la découverte de l'Amérique.
La situation du jèze fait tout le texte là quasiment : ce perso précisément là où il est, pour faire signe vers autre perso : son frère mais aussi son fils spirituellement parlant : Rodrigue. C'est l'idée que, au point où j'en suis, là où je suis ancré dans un point du cosmos, Dieu me regarde -> place qu'on occupe a position très imp. dans l'économie générale de l'univers : je réponds de qqc d'autre que moi. Cf. dernière réplique de la scène. Il y a une certaine dualité : nous ne sommes pas le même mais je réponds de qqun d'autre de très pécis. Qui n'est pas "tout autre" mais qui m'est destiné.
Tout ce texte = prière d'intercession, c(à(d qu'on "prie pour". Ce qui démarre cette prière, cf. haut p.20 -> on commence par séparation. Il y a ceux qui tournent la face vers le Seigneur et les autres qui tournent le dos mais là "il se figure". La suite évoque les paroles paradoxales de l'Annoncier + les paroles de l'épigraphe
"Dieu écrit droit avec des lignes courbes"
"Même les péchés [servent]" (St Aug')
La prière commence par constat d'une séparation donc (comme histoire du S. de satin) mais cette séparation est le constat d'une réunion. Après, c'est extrêmement dense...
Sur le désir / fait d'être désiré : c'est métaphysiquement pas la même chose ! Et c'est très imp. chez beaucoup, même si Lévinas pourtant bien différent de CLaudel ! Mais le désir d'Infini... L'absence me lie ! L'absence de l'autre est un lien. C'est l'absence de Dieu qui est un lien.
il s'agit des amants. Et le désir, cf. Le Partage de midi n'est pas éthéré -> il demande presque de le mettre à fond ! Le désir, qui s'affirme dans sa plénitude, se réalise aussi par l'absence maissurtout l'absence, l'intervalle, renvoie à l'intégrité primitive de mon moi d'être humain : c'est carrément puissant. Ce remplissement du Désir fait accéder à un manquequi renvoie à la plénitude humaine. Radicalité de l'absence n'est pas une métaphysique du malheur ! Ca va vers une joie en réalité.
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Dernier semestre de licence, eh oui...
Cela n'empêche pas de continuer notre "oeuvre" entamée dès l'an dernier d'échange de cours : voici le blog consacré aux cours du 2ème semestre de L3 de Lettres Modernes à Paris IV Sorbonne = S6.
@ vous d'y participer pour que celui-ci soit intéressant !
Bien sorbonnardement,
Zabou
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